L'exutoire.

L'exutoire.
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If I get it all down on paper, it's no longer inside of me,
Threatening the life it belongs to
And I feel like I'm naked in front of the crowd
Cause these words are my diary, screaming out loud
And I know that you'll use them, however you want to

Anna Nalick, 2AM
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# Posté le vendredi 16 octobre 2009 14:26

Modifié le mardi 27 octobre 2009 15:43

Emmeline, 18 ans, étudiante en ostéopathie. Et vous?

Emmeline, 18 ans, étudiante en ostéopathie. Et vous?
Je vous suis revenue, mutilée et recharnée. Plus tenace, plus vivante. J'oserai dire résolument différente. Cependant c'est toujours la même flamme qui m'anime. Je n'ai fait que changer de visage, comme quelqu'un qui se fuit. Le visage fait tout. Jusqu'à ce que vous redeveniez assez proches pour faire tomber le masque.
Je cache les stigmates de l'Enfer sous mon voile. Je suis plus chaleureuse désormais, ce qui me permet en compensation d'être plus lointaine. Les mots futiles comblent le silence, obstruent les voies qui mènent à la confession. Je ne veux plus qu'on puisse fouiller mon âme à regarder mes yeux tristes. Plus qu'on me mette à nu. Je cultive le secret qui me préserve de la rechute. .

L'Angoisse lancinante assassine, dessine des traits tirés d'effroi, dans de profondes ténèbres me noie. J'angoisse de me trahir, de perdre la face à nouveau, de m'engouffrer dans l'erreur. J'angoisse en silence et je sourie avec innocence. Je croque la vie à pleine dents tant que je le peux, comme avec pessimisme, en me disant qu'avant l'Heure il faut bien être heureux. Je croque la vie, freinée ça et là par l'Angoisse. C'est un goût acide sur la langue, les muscles qui se tendent, un flashback terrifiant qui survient dans le rêve.

Je vous suis revenue, plus tenace, plus vivante. Résolument différente. Peu importe l'Enfer que je traîne derrière et aggripé à mes plaies. Je fais fi du Mal qui a pu couler en moi. J'ai appris à regarder de l'autre côté, c'est-à-dire au devant.


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# Posté le mercredi 29 avril 2009 14:41

Modifié le lundi 17 août 2009 13:36

Holocauste

Holocauste
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J'ai contourné la chose tant que j'ai pu, le temps que j'ai su. Me vouant à corps perdu à tout remède, j'ai cherché à tout prix à éviter la chute. Déni, exutoires, confessions. Espoirs futiles. Incantations. Euphorie provoquée. Larmes extirpées.
J''ai contourné la chose, déjà aspirée dans un cercle vicieux, spirale infernale, et c'était écrit d'avance. J'ai évité la chute le temps que j'ai su, mais irrémédiablement, malgré tous les détours que j'ai pu emprunter, tous les chemins mènent à ma perte. J'en arrive là, chaque fois, au détour de tes mots, au détour de tes bras, finalement anéantie, parfaitement anéantie, un sourire frais encore accroché à mes lèvres que je ne soupçonnais pas être le dernier.
Déni, exutoires, confessions. Espoirs futiles. Incantations. Euphorie provoquée. Larmes extirpées. Tant de délais futiles alors que la sentence est tombée.

D'ors-et-déjà tu t'endors, fermant les yeux sur un monde qui disparaît sans alerte. Une vague a terrassé les derniers temples que mon esprit à pu construire à ton nom. Tout se referme; le gouffre, les espérances, les portes de l'avenir, mon c½ur.
La vague a terrassé un corps au combat, fier de sa longueur d'avance... et étonnamment vulnérable.
Au fil des évènements, je tentais, funambule, de garder l'équilibre. Jusqu'au grand vide. Mais la finalité restait la même.

Je suis abattue. Clouée au sol par le poids si longtemps dénié - aussi longtemps que j'ai su. Anéantie et victorieuse, pour avoir repoussé l'échéance plus loin que les limites que je croyais miennes; anéantie et impuissante, car j'ai fait du risque de tomber une fatalité.


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# Posté le dimanche 01 novembre 2009 12:49

Entre-actes

Entre-actes
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Entre deux actes il y a ceux qui profitent pour aller fumer, boire, grignoter et ceux qui patientent. Je remarque que dans la vie, il y a sans cesse des entre-actes, un peu comme si elle n'était qu'une longue pièce de théatre. Pendant ces entre-actes, certains dévore ce temps précieux à se défaire du monotone quotidien, et d'autres perdent tous leurs repères, s'ennuient, ne rêvent que de retrouver la stabilité rassurante des jours qui se suivent et se ressemblent. J'ai toujours aimé les expériences en tout genre, on en apprend beaucoup et elles sont des délices de la vie, luttant contre la lassitude du métro-boulot-dodo; cependant il m'est très désagréable de me sentir entre deux portes, immobile et dans l'attente d'enfin pouvoir en passer une. Je n'aime pas les temps morts, et cet entre-acte en est un. Ce n'est pas l'occasion de profiter - et de qui, et de quoi d'ailleurs? - mais de faire mes valises. Même si j'ai tout mon temps pour ça... Tout mon temps pour contempler ce/ceux que je laisse derrière moi en espérant qu'au devant d'autres bonheurs m'attendent. J'ai deux mois pour faire mes adieux, quitter la scène parce qu'on m'attend ailleurs. N'y a-t-il pas quelques assidus que je pourrais emmener dans ma roulotte d'intermittente?



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# Posté le lundi 16 février 2009 14:15

Modifié le vendredi 17 juillet 2009 06:14

For as long as you're here, We're not

For as long as you're here, We're not
Un matin pourtant, on ne se reconnaît plus. Le désespoir marque toujours la chair en silence; les idées noires masquent toujours la sévère sentence! Les visions troublées d'un corps sacagé n'ont pas éprouvé l'inertie des sens, mais déjà un frisson traverse mes membres et sonne l'agonie d'un temps de relâchement. Les mains se crispent, et les ongles entaillent la peau; mais le visage est toujours figé, absorbé par les vestiges de mes sombres pensées. Mélancolie, fatigue, incertitude, obsessions, je vous aurai! Je suivrai avec délice votre sinistre extinction. L'heure est au combat, quitte à y laisser de moi-même. Je n'ai plus le goût de ce corps-là dans cette vie-là, je n'ai pas le goût du moi que j'ai laissé s'installer en Moi. Je voudrais m'écorcher jusqu'à ne plus jamais avoir à contempler à nouveau ce reflet, défigurer cette vision d'horreur qui s'accapare les miroirs! Ne pas laisser le sourire de la Mort me devenir familier. Ne pas laisser le souvenir d'un corps me détruire à jamais. C'est un avortement, un curetage de la mémoire pour en éliminer les éléments indésirables. J'ai plongé doucement dans les méandres du désespoir, j'ai laissé l'anarchie gouverner mon corps et mon introspection m'a coupée de tout contact avec le monde extérieur. Plus de sens, plus rien de moi à vous ni de vous à moi. C'est indésirable. Le sourire de la Mort a trop guetté mes nuits pour y infiltrer son venin. C'est indésirable. C'est insoutenable un instant de plus. Le mal par le mal: j'erre, d'un grand ménage à un autre, d'un grand projet de démolition au suivant, tentant toujours d'effacer mes erreurs, de guérir en arrachant le mal à mon corps, mais il sème toujours en moi et grandit de plus belle chaque fois. Je me retrouve à nue, à bout de forces, plus ou moins guérie mais de fait en proie à de nouveaux maux infernaux. Je m'épuise à tuer l'immondice qui pousse en moi; je m'épuise à me tuer; je m'épuise tant que de nouvelles plaies aident même à m'achever.

# Posté le lundi 02 mars 2009 10:15

Modifié le vendredi 17 juillet 2009 06:16

Pleinitude ou désarroi.

Pleinitude ou désarroi.
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...Autrefois je tissais de longues proses en contemplant le reflet de mes humeurs dans le miroir de mon coeur. Là-bas il fait flou désormais, et ce n'est plus qu'un objectif poussiéreux, un vieil objet sans valeur. Va t'en donc où on voudra de toi, mon coeur, tu m'embarrasses comme un tas d'ordures le ferait dans un musée. Va t'en où tes paradoxes infinis et tes sentiments échoués feront l'affaire, toi qui ne sait plus, toi qui ne dit plus, mon coeur, comme pris d'une étrange paralysie de l'expression. Va t'en. Tu me troubles. Je ne sais plus l'écrire, à mon tour si tu te fais muet, je ne peux plus distinguer si j'aime ou si je hais, si ces sentiments qui m'emplissent sont pleinitude ou désarroi.
...Je n'ai pas l'impression d'être malheureuse, cela me semble saugrenu. Mais l'idée d'être heureuse me semble tout aussi lointaine. Je n'ai pas d'impressions en fait, pas d'idées. Je suis vide de tout ça mais tellement remplie, tellement gonflée de mille autres choses... Et je ne saurais dire si toutes ces choses me servent de bouées ou si ce sont des poids qui me coulent. Je ne sais pas où je suis; je ne sais pas où je vais. J'erre dans la confusion; une confusion chaleureuse et protectrice mais terriblement opaque.

...Autrefois je tissais de longues proses, autrefois je faisais par la magie des mots que de mon désarroi naisse la pleinitude. La pleinitude de sentir la Beauté émaner de quelque chose qui sort de soi. J'étais la sorcière douée qui changeait la douleur oppressante en oeuvre d'art. J'étais l'écrivain tourmenté à la plume salvatrice. J'étais une fille banale mais sensible aux récits de son coeur. Mais mon coeur tu t'emballes! Mon coeur tu es devenu fou! Et je ne saurais démêler tes obscurs discours pour en tirer du beau, il n'y a là qu'une lamentable confusion. Quelque chose qui n'est pas tant désagréable à ressentir, mais qui n'a plus rien d'artistique. Je ne saurais pas te peindre la limite infime entre la pleinitude et le désarroi, car je ne l'ai pas discernée. Tu es muet; j'en suis aveugle. Rien ne m'est familier lorsque je tatonne ce tableau.








<< Car j'ai de chaque chose extrait la quintessence,
Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or.
>>


................................................................................Charles Baudelaire

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# Posté le vendredi 20 mars 2009 15:10

Modifié le jeudi 30 juillet 2009 13:42